AMÉLIE CHASSARY, photographe
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MARYLINE ROBALO
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Galerie PAPELART, Paris
A travers les premières photos d’Amélie Chassary, très personnelles et peu montrées que j’ai découvert il y a désormais plusieurs années
à celles que la presse a souhaité publier ces trois dernières années, j’ai toujours redécouvert la peinture autant que la photographie.
Sans doute parce qu’il en va d’un va et vient incessant entre les histoires de chacune à travers les références indirectes à la peinture
renaissante ou à la photographie américaine des 50’s. Mais aussi et surtout parce que la photographe les aiment et parce qu’elle
en maîtrise les codes : couleurs, compositions, lumières, gestes.
Il y avait dans ses premières photos la beauté innocente et la violence fragile de l’artiste photographe qui cherchait à domestiquer
son entourage proche à travers ce qui allait devenir plus tard le prolongement d’elle même : l’objectif, par lequel les photographes
les plus voraces ne cessent plus, un jour, de vivre le monde. Tous et tout ce qui faisait parti un instant de son entourage allait alors
devenir le témoin de son affirmation : je veux être photographe.
De l’être aimé, à la table de repas de famille, des bois de son enfance au cœur nu laissé fragile après l’amour, tout allait désormais baigner
dans le silence de la photographe actée laissant ainsi la parole aux images. Puis est venu le temps de la maîtrise obligatoire, des écoles,
des studios qui, s’ils ne servent pas à grand chose dans la construction directe d’un langage artistique servent au moins à trouver
ce qu’Amélie Chassary a trouvé : sa lumière, celle qui parle à ses personnages, car il faut bien l’avouer, Amélie n’a pas cessé de se raconter
des histoires et par de là à nous les raconter.
En 2010 lorsque j’ai souhaité exposer le travail d’Amélie Chassary et la série Huis-clos, alors que personne n’avait encore jamais ressenti
la pression trop forte du devoir, je cédais certes à la pression de son talent qui devait s’exercer mais aussi à la conviction réelle
que ses histoires courtes existaient désormais dans leur forme établie et définitive.
Aujourd’hui, à travers une édition d’artiste que je montrerai en novembre 2012 pendant le mois de la photo à Paris, et qui retrace le parcours
initiatique d’Amélie à travers la lumière qu’elle s’évertue à enregistrer et à orchestrer mais aussi dans le cadre d’une future exposition en galerie,
je souhaite apporter tout mon soutient à Amélie Chassary pour que ses images continuent à me demander lesquelles d’elle ou de moi sont les plus réelles ?