ÉCOLE LOUIS-LUMIÈRE
INTERVIEW DE MARIE-PIERRE MAGHERINI – DÉC 2018
Dans le cadre de leur premier atelier de prise de vue et de montage vidéo les élèves de deuxième année (Photographie) de l’ENS Louis-Lumière ont réalisé le portrait de personnalités du festival Circulations 2018




ART OF 02
INTERVIEW DE THIBAUT HOFER – AOUT-SEPT-OCT 2017
"25 artistes français sélectionnés pour leur regard, leur amour de l'image et leur approche particulière de la photo"

Qu'est-ce qui vous a amené derrière un viseur ?

Je ressens le besoin de mettre en scène mes émotions, de composer avec les couleurs et de raconter des histoires. La photographie est le moyen d’expression le plus sincère pour exprimer mes pensées intérieures car elle permet de cadrer mon imagination tout en gardant une part de réelle. Certaines images me hantent, je les réfléchis des jours entiers avant de prendre mon appareil. Etre derrière le viseur s’est aussi attendre, observer calmement et découvrir. J’aime ses étapes, elles me permettent de mieux appréhender ma démarche de photographe.
Vos travaux, qu'ils soient présentés sous la forme d'un journal ou d'un herbier, présentent une délicatesse qu'on associe souvent à la féminité. Comment pensez-vous que votre approche vous éloigne des stéréotypes du genre ?
Je ne cherche pas forcément à conceptualiser mes photos. Mon travail se nourrit de références féminines empruntes d’une douce mélancolie et d’une vision poétique de la vie. Il se veut délicat dans les sujets que j’aborde, dans les couleurs que j’utilise mais aussi dans la simplicité des mises en scène. Mon souhait est de montrer un monde qui se veut agréable.
L'érotisme de vos photos touche beaucoup à l'intime, dans les cadrages, les scènes choisies, les sujets/objets. Pour vous, la sensualité se vit au quotidien ? C'est un moteur ou une fin ?
La définition première de la sensualité est l'attachement aux plaisirs des sens. Je me définis comme une artiste photographe épicurienne qui cherche à imager le souvenir du bonheur. Mes photographies sont la continuité de mes pensées. Si une certaine sensualité s’éveille dans chacune d’entre elles c’est quelque chose que je ne peux pas maîtriser totalement. Donc ce n’est ni un moteur, ni une fin mais un tout.
À l'évidence, le lien que vous faites entre charnel et végétal n'est pas qu'esthétique : quelle réflexion mettez-vous derrière ce rapprochement ?
La nature est la source principale de mes inspirations. On retrouve régulièrement la métaphore de la fleur et de sa brève beauté pour exprimer le temps qui passe, les courbes des corps pour répondre à celles d’un paysage. J’aborde les thèmes de la sexualité et du cycle de la vie en m’inspirant des phénomènes naturels comme l’éclosion printanière, l’hibernation (…) A travers mes photographies, je désire réveiller une nature sensuelle et j’ose parler de beauté divine.
Qu'apporte pour vous la distanciation que procure le symbolisme du végétal, et que n'autoriserait pas une approche plus brute du corps et de la sexualité féminine ?
Je ne souhaite pas tout dévoiler, j’aime suggérer et rester délicate. En laissant une forme de distanciation avec les objets mis en scène et la signification que je leur donne, une certaine pudeur se dégage dans mes photos. Je ne parle pas d’une sexualité crue et premier degré. Je parle avec humilité de la délicatesse du sexe, de la volupté du corps, du silence intérieur, de la jouissance fleurie.
Hormis votre série Paysages, votre démarche consiste plutôt à dompter les végétaux, à les retirer de leur environnement naturel pour les singulariser dans un intérieur. Pourquoi cette direction, plutôt qu'amener vos sujets dans un cadre végétal ?
Mon imaginaire se construit essentiellement lors de ballades en nature. Je cueille, ramasse des végétaux que je garde des jours et des mois. Ensuite, ils m’accompagnent dans mon quotidien, s’imprègnent de mon environnement. Ainsi, ils trouvent leur sens dans ma narration. C’est une façon personnelle de dialoguer avec la nature.
Que pouvez-vous nous dire de votre série Horizons et de son jeu de textures et couleurs ?
Au départ, j’ai abordé la série Horizons comme une étude analytique du végétal mais très vite elle a pris un autre sens. De mes compositions se dégage une vision poétique des paysages de demain. Les couleurs et les textures symbolisent des décors tel un terrain vague, un océan, un désert, un paysage lunaire. Chacune des teintes et des matières recherchées racontent une histoire.

OAI18
TEXTE DE CARINE DOLEK – 13 UIN 2017
Amélie Chassary / Corps et Nature

Après des années de collaboration artistique et la naissance de son premier enfant, Amélie Chassary a senti le besoin de se reconnecter. Se reconnecter à soi-même, d’abord, en revenant à un travail personnel et avant tout individuel, se reconnecter au monde, en dirigeant ses recherches de son coeur vers l’extérieur. Reconnecter jusque dans la construction de son editing, en choisissant de travailler en diptyques pour souligner les liens de l’être à l’univers. Un encapsulage formel de gammes d’harmonies universelles, une pause plastique dans le chaos. Amélie compose, et surtout repose : ses images étendent le regard, et le délassent, illustrant un aspect du repos. Leur répétition, le timing de leur réalisation dans le parcours de vie de leur auteure, font écho à un autre sens de reposer : poser à nouveau ce qu’on a soulevé. C’est, finalement, un constat vieux comme Platon et le macrocosme indissociable du microcosme. Un constat organique et vieux comme le monde qu’il faut expérimenter à l’échelle individuelle pour le comprendre, quand le corps et le temps ont fait leur oeuvre.
http://www.oai13.com/featured/amelie-chassary-corpsnature/

LES CONFETTIS
INTERVIEW - DÉC 2015

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Amélie Chassary n’a pas toujours fait de la photo. Au départ, ses sujets de prédilection étaient en effet la peinture et l’illustration. Mais depuis quelques années, elle se consacre entièrement à la photo, et on peut dire que ça lui réussit ! Les couleurs sont toujours extrêmement bien pensées : tantôt pastel, tantôt sombres, elles contribuent entièrement à créer l’atmosphère de chacune de ses photos. La réalisation des mises en scène raconte toujours une histoire particulière. On adore !
Le silence et la rêverie sont les premières sources d’inspiration d’Amélie. On retrouve ces deux composantes dans son univers bien à elle. Que ce soit dans ses photos de paysages ou ses portraits, on arrive toujours à les déceler. La grande majorité de son travail est centré sur le thème de la nature et du paysage. Il semblerait que les natures mortes et les paysages soient ce qu’elle maîtrise le mieux. Et même lorsqu’elle met en scène des personnes, cette impression de calme et d’immobilité se dégage toujours. Amélie Chassary a collaboré avec d’autres artistes, car elle aime partager des idées et créer des compositions uniques à plusieurs. Cette envie de partage, elle l’a également mise en œuvre à plusieurs reprises ces dernières années en exposant ses photos.
https://www.lesconfettis.com/amelie-chassary/


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